Portraits : Mme Holy et Sarah, deux salariées qui ont soif de changement

Par choix ou par obligation, l’exercice d’un métier confronte chaque travailleur à de nombreux défis au quotidien. Voici les portraits de deux femmes salariées, l’une issue du secteur public et l’autre issue du secteur privé, mais qui ont un point en commun : une dévotion sans faille à leur profession. Mme Holy (Enseignante) et Sarah (technicienne en téléphonie mobile) prouvent que la passion et la persévérance sont des valeurs inestimables !

 

Raholiarisoa, enseignante avec 10 années d’expériences

« Je suis une formation tous les ans »  

Cela fait une dizaine d’année que Raholiarisoa Solofoniaina, alias Mme Holy exerce le métier d’enseignante. Elle travaille au CEG Ambatomena dans le district d’Antsirabe II, où elle est en charge des élèves de la classe de 6ème jusqu’en 3ème. « En général, les élèves sont très assidus en milieu rural, tout comme les parents. En revanche, l’éloignement, le manque de nourriture ou encore l’insécurité sont autant de facteurs qui conduisent à l’abandon scolaire. A cela s’ajoute le problème du pouvoir d’achats qui constitue un frein dans le paiement des droits de scolarité ou encore l’acquisition de fourniture scolaire », confie – t –elle.

En dix ans d’expérience dans l’enseignement, Mme Holy constate une baisse constante du niveau des élèves en milieu rural à cause des diverses raisons. Elle reconnait également une certaine défaillance du côté des enseignants qui, souvent, n’ont bénéficié d’aucune formation. Les enseignants habilités, quant à eux, ne souhaitent pas forcément rester à la campagne. « En général, seuls 50% des élèves de la classe de 6ème arrive jusqu’en classe de 3ème tandis que 25% réussissent le parcours jusqu’en Terminale. Ils sont alors plus que 15% à arriver à intégrer les universités. Ceux qui ne parviennent pas à poursuivre leurs études rejoignent, pour la plupart des cas, les grandes villes comme Antsirabe ou Antananarivo, pour y travailleur en tant que domestiques ou commerçants ambulants » explique – t – elle. Malgré ces nombreuses difficultés, il y a des élèves qui réussissent et parviennent à étudier dans les universités.

Apprendre et évoluer

Malgré ses nombreuses années d’expériences, Mme Holy ne cesse d’apprendre afin d’améliorer son savoir – faire. Au mois d’août 2024, elle est venue à Antananarivo pour effectuer une formation. Elle a profité de cette occasion pour amener ses deux filles pour passer quelques jours de vacances dans la Capitale. Malgré un salaire modeste, cette mère de famille économise pour préparer la période de vacances.

Chaque année, elle ne déroge pas à cette habitude qui, selon elle, permet à ses enfants de s’épanouir. Ainsi, ils ont pu visiter plusieurs endroits emblématiques de la Capitale comme le « Rovan’i Madagasikara », Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza ou encore l’avenue de l’indépendance à Analakely. Accompagnée de ses deux enfants, elles parcourent plusieurs kilomètres depuis leur lieu d’habitation à Ambatomena en direction d’Antsirabe. Un trajet qui leur coûte un frais de déplacement de 25 000 Ariary. Une fois à Antsirabe, elles doivent prendre un taxi-brousse pour Antananarivo en payant 11 000 Ariary.

Partout où elle va, cette jeune mère prend à cœur son travail d’enseignante. Elle se veut être une porte – parole des élèves et écoliers du milieu rural. Face aux manques de loisirs dans ces endroits, elle préconise la construction d’infrastructures qui répondent aux besoins des jeunes. Elle préconise également de fournir plus de soutien aux parents dans leurs activités quotidiennes pour une meilleure prise en charge des études de leurs progénitures. Cette enseignante avance d’autres solutions comme la multiplication des cantines scolaires, la résolution du problème d’insécurité, etc. Elle ne perd pas espoir quant au fait de voir un jour une évolution notoire dans le milieu de l’enseignement.

Sarah, employée dans une compagnie de téléphonie

« Je rêvais de devenir médecin mais… »

Agée de 23 ans, Raharivololona Heriniaina Sarah est issue d’une famille modeste. Elle a fait ses études secondaires au sein d’un établissement situé au cœur d’un village à Ambatondrazaka. Dans son plus jeune âge, elle rêvait de faire des études de médecine mais le destin en a décidé autrement. La jeune femme a du réorienter ses choix à partir de l’adolescence. A cause du manque de moyens et d’un constat du faible niveau de l’éducation en milieu rural, elle a décidé de partir à Antsirabe. Elle y a obtenu son diplôme de baccalauréat série D en 2021 à l’âge de 19 ans.  Par la suite, Sarah a pu suivre des études supérieures à l’université Akamasoa du Père Pédro à Andralanitra en choisissant la filière Technologie informatique et développement en application mobile. Ce parcours à l’Université Akamasoa a permis à la jeune femme de décrocher un DTS ou diplôme de technicien supérieur. Elle a ainsi décidé d’intégrer immédiatement le monde professionnel en tant que salarié au sein d’une compagnie de téléphonie mobile. Un métier qu’elle exerce avec beaucoup de passion et de persévérance.

Mais les ambitions de Sarah ne s’arrêtent pas là. Elle aspire à obtenir un poste plus important qui lui permettra d’améliorer son niveau de vie. Elle entend continuer ses études en vue d’obtenir les diplômes de Master I et II pour pouvoir gravir les échelons. « Ce n’est pas facile de faire face aux difficultés de la vie quotidienne tout en menant des études. Il faut beaucoup de volonté et de persévérance pour réussir », confie – t – elle. En s’adressant aux jeunes malagasy, Sarah insiste sur l’importance de « se concentrer sur l’utile qui doit primer sur l’agréable ». Pour elle, chaque jeune doit se fixer un objectif précis dans la vie et agir dans ce sens.