Méconnue et stigmatisée, la bipolarité est pourtant bel et bien réelle à Madagascar. Décrite comme un trouble mental qui affecte l’humeur de manière prolongée, pas seulement une émotion passagère, contrairement à un changement d’humeur normal, la bipolarité provoque des hauts et des bas qui durent plusieurs jours ou semaines pouvant compliquer le quotidien des personnes affectées. Le samedi 21 Mars dernier, l’Association Psy-Kôzy Madagascar a voulu sensibiliser le public à travers une table ronde sur cette maladie.
D’après les explications du Docteur Nambinina Rasolofotsialonina, psychiatre, « le signe le plus fréquent est le manque de sommeil. Les personnes bipolaires peuvent rester éveillées la nuit sans fatigue, parler beaucoup, être très sociables ou au contraire, se replier sur elles-mêmes ». D’après toujours cette spécialiste, les épisodes se présentent en phases maniaques : énergie débordante, dépenses importantes, agitation mentale, ou en phases dépressives : tristesse, fatigue, perte d’intérêt pour tout. Les traitements, comme les thymorégulateurs, aident à stabiliser l’humeur et à réduire ces extrêmes.

Accès difficile aux soins
Pour Cathia Mamison, présidente de Psy-Kôzy Madagascar et ambassadrice de Positive Minders International, la bipolarité est encore très stigmatisée à Madagascar. Beaucoup ignorent que c’est une maladie, et les personnes concernées peuvent être marginalisées. Le manque de professionnels rend également difficile l’accès aux soins : le pays compte environ une soixantaine de psychologues, surtout à Antananarivo, et très peu de psychiatres dans les provinces.
La bipolarité peut avoir plusieurs causes. Certaines sont biologiques, c’est-à-dire dues à des facteurs génétiques. D’autres sont sociales : traumatismes pendant l’enfance, stress lié au travail ou aux études, événements familiaux difficiles. Ces facteurs s’accumulent et peuvent déclencher la maladie.
À Madagascar, beaucoup se tournent d’abord vers la religion en cas de troubles mentaux. Mais il est possible de combiner soutien spirituel et suivi médical ou psychologique. Psy-Kôzy travaille pour rendre la santé mentale une priorité, en organisant des ateliers dans les écoles, hôpitaux, entreprises et communautés, et en offrant un soutien psychosocial aux personnes concernées.
