« Avoir une passion, c’est comme l’amour dans un couple. Il faut bien entretenir la flamme pour qu’elle ne s’éteigne pas ». C’est ainsi que Joël Razafindrakoto décrit sa passion pour les voitures anciennes qu’il n’en finit pas de collectionner. Sa préférée : une voiture de marque Austin, de fabrication anglaise, dont le modèle est sorti en 1960. Cela remonte en 1993 qu’il a acquis cette voiture, soit depuis près de 31 ans. Une voiture qu’il a acheté auprès d’un étranger et qu’il a réussi à acquérir après beaucoup de persévérance.
« Cette voiture a marqué ma jeunesse. Elle est comme mon porte – bonheur. Toute mon histoire avec ma femme est liée à cette voiture. Je l’ai utilisé quand j’allais à la fac puis au travail. Ensuite, elle a dû être mis sur cale car elle m’a beaucoup servi lorsque nous avions construit notre maison ». Le père de famille évoque l’une des meilleurs souvenirs qu’il garde de sa mini Austin rouge : « Quand j’ai construit ma maison, j’ai enlevé les sièges côté conducteur avant et arrière. Je l’ai ensuite utilisé pour transporter du ciment, du gravillon, du sable, etc. J’étais encore jeune et j’ai dû faire des sacrifices. J’ai terminé ma maison mais ma voiture en est sortie usée ».
Et de poursuivre qu’ « en contrepartie du bien qu’elle nous a procuré, nous nous sommes fixés le challenge de la rétablir à son état d’origine ». La période de rénovation a duré une quinzaine d’années, de 2005 jusqu’en 2020, pendant laquelle la voiture a été complètement remise sur pied. Aujourd’hui, elle est presque neuve. Puisque toutes les pièces sont inexistantes à Madagascar, cela leur a pris du temps pour les chercher petit à petit lors de déplacements à l’extérieur.
De père en fils
Sa passion pour les voitures, Joël Razafindrakoto l’a héritée de son père. Ce dernier possédait plusieurs voitures et depuis son enfance, il commençait à apprécier les mini – Austin. Après le décès de son père, il ne leur restait plus qu’une seule voiture. Aujourd’hui devenu père à son tour, Razafindrakoto a transmis son amour pour les voitures à ses trois enfants (deux garçons et une fille), en particulier son benjamin qui partage le même penchant que lui pour les véhicules de collection. « Il y a des marques de voiture que je connaissais déjà à cette époque mais que je ne vois plus à Madagascar aujourd’hui comme les Ford Mustang, les Mercedes 300SL ou « Gullwing » pour les connaisseurs », raconte – t – il.

Ce père de famille tient néanmoins à souligner une nuance chez les personnes qui vouent une grande affection pour les voitures anciennes. « Il y a les passionnés …et les passionnés. Dans le premier cas, la passion est presque comme un héritage transmis à travers l’éducation des parents. La deuxième catégorie de passionnés cultive une passion en découvrant, par exemple, cette passion auprès de leurs amis », explique – t – il. Une passion qui nécessite à la fois du temps, de l’argent et de la volonté … comme en amour. « Au début, l’amour est brûlant mais si l’on n’entretient pas cet amour, il s’éteint. C’est la même chose pour les voitures », argumente ce collectionneur.
Des dépenses mais… beaucoup de fierté
Cet amateur de voitures de collection reste discret concernant les dépenses générées par l’entretien d’un véhicule ancien. En revanche, la fierté de posséder ce genre de voiture n’a pas de prix, selon lui. « Les dépenses sont très élevées », confie – t – il avant de suggérer qu’il faut commencer à entretenir sans attendre que la voiture présente beaucoup d’imperfections. « Le plaisir que cela procure aux gens qui regarde ma voiture avec admiration suffit et constitue déjà une récompense », selon lui.

Pour Joël Razafindrakoto, l’une des avantages pour les voitures anciennes réside dans le fait qu’elles puissent encore se réparer à l’aide de simples outils comme les clés ou les tournevis. Pas besoin de diagnostic, ou autres obligations comme pour les voitures modernes. La plus récente de sa collection date de 1995, tandis que les autres sont des véhicules de 1960, 1965, entre autres.
