Dépotoir d’Andralanitra : Des déchets qui font vivre !

Des ouvriers s'attèlent tous les jours au triage des ordures

Rien ne se perd, tout se transforme. L’expression prend tout son sens au dépotoir d’Andralanitra. Evoquer cet endroit ramène souvent aux ordures ménagères d’Antananarivo. Pourtant, les activités d’acheminement, de recyclage et de transformation des déchets y font vivre de nombreuses personnes voire de nombreuses familles. A commencer par les employés de la SAMVA (Service Autonome de Maintenance de la Ville d’Antananarivo) qui se chargent de la collecte des ordures dans la Capitale, puis de leur acheminement vers Andralanitra. Une fois les déchets acheminés à cet endroit, des « petites mains » s’occupent du tri, du recyclage et de la transformation pour en faire de l’engrais, entre autres. Les ordures sont classées par catégories : les déchets en plastiques, les déchets en fer, etc.

Le processus de transformation des déchets en engrais passe par plusieurs étapes. D’après les explications des travailleurs rencontrés sur les lieux, tout commence par le tri des déchets biodégradables et ceux non biodégradables. Les ordures qui se dégradent facilement sont accumulés et arrosés avec une grande quantité d’eau afin d’obtenir la consistance nécessaire. Les ordurent décomposés sont, ensuite, passés au tamis pour en faire de l’engrais organique.

Une source de revenus quotidiens

Lala, une mère de famille âgée dans la cinquantaine, figure parmi les personnes qui travaillent quotidiennement au dépotoir d’Andralanitra. « Je suis ici depuis 2018 car c’est ma principale source de revenu », confie – t – elle. Quand elle ne travaille pas au dépotoir, elle effectue également des activités de dockers. En commercialisant les engrais à base de déchets, elle arrive à gagner un peu plus d’argent. Leurs clients viennent souvent de la ville selon ses confidences.

Lala, en plein travail au milieu d’une montagne de déchets

« Nous fixons le prix suivant la quantité des engrais et la taille des voitures qui les transportent. Pour les petites voitures, par exemple, le prix est de 40 000 Ariary pour une quantité d’environ 2m3. Des fois nous n’arrivons à gagner que 12 000 Ariary que l’on distribue entre nous », explique notre interlocutrice. Elle et ses amis se partagent la tâche pour que chacun profite des bénéfices. Ils sont deux ou trois équipes composées chacune de trois personnes à s’atteler quotidiennement à cette activité.

Un détour au laboratoire

Pour sa part, la société STOI a également installé une unité de recyclage et de triage d’ordures à Andralanitra depuis une dizaine d’années avec un procédé plus précis. « Les déchets en état de décomposition sont tamisés puis des échantillons sont prélevés et envoyés au laboratoire pour y être analysés à notre siège à Ankorondrano. Dès qu’il s’avère que les échantillons répondent aux normes de qualité en matière agricole, commence alors la mise en sac (par quantité de 50kg) des engrais en vue de leur distribution dans les régions », selon Ferdinand, Responsable source de production. D’après les explications du responsable, la société reçoit de nombreux retours positifs de la part de leurs clients agriculteurs qui n’hésitent pas à en acheter davantage.

Les sacs d’engrais, prêts pour la livraison

Leur production peut atteindre au minimum 80 tonnes d’engrais par jour. Le sac coûte environ 50 000 Ariary. La société fait appel à plusieurs dizaines d’ouvriers sur place pour le triage et la mise en sac des engrais. Ces activités nourrissent de nombreuses familles puisque les travailleurs perçoivent un salaire hebdomadaire. Cette méthode de transformation permet donc d’optimiser la gestion des ordures à Andralanitra avec des retombées financières pour les ouvriers.