Statistiques : Gros plan sur les agents – enquêtrices du MICS7

Une équipe d'enquêteurs essentiellement féminine

Après la 6ème édition en 2018, l’édition 7 du MICS (Multiple Indicator Cluster Survey) ou Programme mondial d’enquêtes par grappes à indicateurs multiples a démarré à Madagascar depuis le mois de décembre 2024 et ne prendra fin qu’au mois d’avril prochain. Menée par l’INSTAT en collaboration avec l’UNICEF et d’autres partenaires, l’objectif de cette enquête est de recueillir des données mises à jour sur les conditions de vie de la population dans les 23 régions de Madagascar. Mais qui sont derrière ces statistiques? Au cours d’un déplacement dans le district de Fandriana (région Amoron’i Mania), nous avons pu suivre un groupe d’enquêteurs composé majoritairement de femmes. Cheffe d’équipe, mesureuse, …ces figures de l’ombre relèvent le défi malgré les difficultés qu’elles peuvent rencontrer en cours de route.

A 6 heures du matin au plus tard, elles sont déjà sur la route pour démarrer leur enquête. Elles, se sont les agents en charge de l’enquête MICS – 7 dans le district de Fandriana. Raharimanantsoa Holinirina est à la tête d’une équipe de 6 agents composé de 5 femmes et un homme. Avant de démarrer la journée, la « team » s’organise et se partage les tâches en vue de la réalisation de l’enquête qui a déjà été précédée par une observation préalable du lieu et des ménages concernées. Les visites de courtoisie auprès des autorités locales avant chaque déplacement dans une localité constituent également une étape obligatoire.

La cheffe d’équipe Raharimanantsoa Holinirina en pleine séance d’enquête

Cette fois, ce sont les fokontany d’Ambohiboahangy et Ambohimanjaka, dans la commune rurale de Fiadanana, qui feront l’objet d’enquête. Les agents utilisent des grappes dont chacune est composée de 24 ménages. A Ambohiboahangy, 5 foyers ont été choisis pour être enquêtés. Conscientes de l’importance d’un tel programme qui permet d’établir des statistiques fiables, les familles concernées ont fait preuve d’enthousiasme dans l’accueil des agents et ont répondu à leurs questions sans la moindre hésitation. La durée d’une enquête auprès d’une famille peut varier d’une heure à trois heures successives.

Une équipe organisée

Rasolomanana Sandiniaina, est sage – femme mais au cours de cette enquête elle enfile la casquette d’agent – mesureur. « Ma mission consiste à mesurer et peser les enfants âgés de moins de 5 ans. Je suis également en charge de tester la qualité de l’eau pour savoir si l’eau que les gens utilisent est vraiment propre à la consommation ou pas. Nous prenons des échantillons depuis la source d’eau et d’autres échantillons dans la réserve d’eau de chaque foyer afin de les analyser car la qualité n’est pas toujours la même », explique –t – elle. Les agents prennent des notes avant de les transcrire dans des tablettes. Ils sont aussi équipés d’une toise (pour mesurer la taille), d’une balance, ainsi que d’outils pour faire le test de la qualité de l’eau. Chaque agent dispose également d’un power-bank pour charger les tablettes. Un véhicule avec chauffeur est mis à leur disposition pour se déplacer mais cela n’exclut pourtant pas les trajets à pieds.

Rasolomanana Sandiniaina, procède au test de la qualité de l’eau

Au terme d’une journée laborieuse et bien remplie, l’heure est au stockage des données recueillies. « A chaque fin de journée, les agents m’envoient les données qu’ils ont pu collecter. A mon tour, j’envoie ces données au bureau central. Quand il y a du réseau, je procède à l’envoi le jour même mais quand il n’y a pas de réseau, je dois garder précieusement les données avec moi jusqu’à ce qu’on trouve du réseau », explique Raharimanantsoa Holinirina. La nuit tombée, l’équipe bénéficie le plus souvent de l’hospitalité des familles dans les lieux d’enquête pour dormir avant de repartir en direction d’autres localités le lendemain.

Des défis multiples

Sur le terrain, les enquêteurs et enquêtrices font face à de nombreuses difficultés comme le mauvais état des routes, l’insécurité et les fortes pluies alors qu’ils doivent parcourir parfois des dizaines de kilomètres à pieds. Puisque l’enquête est souvent menée dans des endroits reculés, l’insuffisance ou l’absence de réseau et d’électricité constituent des défis supplémentaires. Malgré tout, l’équipe fait preuve d’une persévérance et d’une ténacité sans faille afin d’accomplir leurs missions jusqu’à la fin. Ces agents ne perdent pas de vue leur objectif principal, celui de recueillir des données statistiques qui permettront d’adapter les programmes de développement aux besoins réels de la population.

L’équipe ne laisser échapper aucun détail pour obtenir des données fiables

Au final, les équipes d’enquêteurs doivent rassembler le maximum de données sur les conditions de vie de la population par ménage et qui sont liées à différents thématiques comme l’accès à l’eau potable, l’éducation, la violence basée sur le genre, la santé maternelle et infantile. Pour cette année, le MICS est effectué sur un échantillon de 21 000 ménages choisis de manière aléatoire dans les 23 régions de Madagascar.

Le MICS en quelques mots

Crée depuis les années 1990, le MICS (Programme d’enquête en grappes à indicateurs multiples) est décrit comme « la plus grande source de données statistiquement fiables et comparables sur les enfants et les femmes dans le monde ». A Madagascar, le MICS reçoit l’appui technique et financier de l’UNICEF et de la Banque Mondiale, entre autres. D’après l’INSTAT (Institut Nationale des Statistiques), les enquêtes MICS « mesurent les indicateurs clés qui permettent aux pays de produire des données en vue de leur utilisation dans les politiques et programmes ». Elles permettent aussi de suivre l’évolution de chaque pays dans l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD).