Un parcours remarquable dans le milieu de l’humanitaire, c’est ainsi qu’on pourrait qualifier les réalisations du docteur Firoze Koytcha . Ce natif de l’île Sainte Marie, installé à la Réunion, enchaîne les missions humanitaires depuis maintenant 35 années consécutives. Dans une interview accordée à Bright News Madagascar, ce médecin chirurgien et non moins Président fondateur de l’association « Médecins de l’Océan Indien », du haut de ses 85 ans, revient sur ses débuts et aborde la question liée à sa relève.
« Nous avons monté cette association en 1989 parce que nous « karana » installés à la Réunion, nous nous sommes dit qu’il fallait qu’on fasse quelque chose pour Madagascar. Comme nous étions dans le domaine de la santé, nous avons fondé une association sanitaire au départ pour venir donner un petit coup de main sur le plan médical et sanitaire à Madagascar », raconte – t – il avec nostalgie. De ses origines indo – pakistanaises (Karana) à son attachement pour la Grande île, il voulait surtout apporter sa contribution pour aider les ressortissants malgaches.
Une équipe pluridisciplinaire

Au départ, l’association formait une équipe de chirurgie qui avait opéré à l’île Sainte Marie en 1989. Puis, leurs activités se sont étendues sur d’autres branches comme la médecine générale, la cardiologie, la gastro – entérologie l’ORL (Oto – rhino – laryngologie), l’ophtalmologie, l’optique etc.
Au total, les « Médecins de l’Océan Indien ont effectué pas moins de 82 missions. « A part Madagascar, nous sommes aussi intervenus plusieurs fois aux Comores, en Afrique de l’Est, en Afrique de l’Est, en Inde, pendant le tremblement de terre du Gujarat », ajoute le docteur Firoze Koytcha qui en est à sa 69ème mission dans la Grande île. Il y a cinq mois, l’équipe a été à Fénérive -Est et mettra désormais le cap vers Ambovombe, dans le Sud de Madagascar. Initialement, ils n’étaient que 3 à composer la mission et aujourd’hui, l’association compte 55 médecins dont la majorité sont des missionnaires malgaches. Les autres membres du groupe sont originaires de France et de la Réunion.
Le secteur de la santé s’est amélioré
Durant ces nombreuses années de missions, ce chirurgien chevronné a également pu assister à l’évolution du secteur de la santé à Madagascar. « Pendant ma première mission, les centres de santé de base CSBII étaient des bâtiments en bois et en tôle où il y avait juste un infirmier qui faisait tout, de l’accouchement aux consultations médicales. Puis, cela s’est nettement amélioré », témoigne – t – il. Et d’ajouter que « les CSB sont maintenant des bâtiments en dur où il y a un médecin, une sage – femme et un infirmier au minimum ».
En 35 ans, il note une amélioration des matériels de soins tout comme le niveau médical et sanitaire. A priori, cette mission dans le Sud du pays sera la dernière pour le docteur Firoze Koytcha qui est prêt à passer la main en toute sérénité. « J’ai insufflé le sentiment de l’humanitaire à toutes les personnes qui m’ont côtoyé. Je ne me fais aucun souci pour ma succession », conclut – t – il avec le sourire. Jusqu’ici, son association a pu soigner près de 550 000 malades, dont près de 400 000 patients malgaches.
