Elisoa Cynthia : Les confidences d’une Malgache en Moldavie

 

Solaire, optimiste, pleine de vie, toujours le sourire aux lèvres ! Elisoa Cynthia, plus connue à travers ses fameuses « Chroniques d’Elisoa » sur Facebook, renvoie l’image d’une jeune femme épanouie et très sure d’elle.  Mais en parcourant soigneusement ses chroniques, Elisoa y raconte son parcours de vie semé d’embuches, son quotidien en Moldavie où elle réside actuellement, ses tourments, ses incertitudes mais aussi ses joies, ses réussites et surtout ses rêves. Les internautes malgaches ont également pu la (re)découvrir grâce à sa participation au télécrochet « The Voice Roumanie » en 2023. Elle compte aujourd’hui 18 000 followers. A travers ces quelques lignes, elle a accepté de se confier sur plusieurs sujets qui lui tiennent à cœur. Voici les confidences d’une malgache en Moldavie ou la Moldave de Madagascar. Interview ! 

Bright News Madagascar : Tout d’abord, pourriez – vous nous parler un peu de vous et de ce qui vous a conduit en Moldavie ?

Elisoa Cynthia (E.C.) : Je suis Elisoa Cynthia REFANAHARIVOLA, une Malgache de 18 ans+ 12 années d’expérience. Me décrire me donne toujours du fil à retordre mais on va dire que je suis storyteller. Je suis coordonnatrice de traitement dans une clinique stomatologique, je chante, j’écris et je suis actrice à mes heures perdues. Comment je suis arrivée en Moldavie ?

J’ai travaillé dans une société italienne à Madagascar. Nous avons eu l’occasion de participer à une foire au Japon pour présenter des épices de luxe de Madagascar. J’ai rencontré un Moldave, qui présentait également des produits de son pays. Le destin a fait que nous soyons tombés amoureux. Ce qui m’a fait prendre la décision de partir en 2020.

BNM : Vous avez – acquis une certaine notoriété sur les réseaux sociaux. Est – ce que vous vous décririez comme une « influenceuse » ou vous sentez – vous investie d’une autre mission ?

Je me considère comme un storyteller. C’est ma plus grande passion, je suis convaincue que nos histoires nous rassemblent. Et comme je suis passionnée par l’écriture depuis petite, mon voyage en Moldavie ou plutôt ma solitude m’a donné cette envie de me créer des amitiés virtuelles. C’est ainsi que j’ai commencé à raconter mon histoire sur la page Les Chroniques d’Elisoa en septembre 2020. Écrire de long texte sur les réseaux n’est pas évident, car personne n’a le temps et le temps d’attention est court. Toutefois avec ma persévérance, je compte aujourd’hui environ 18000 abonnés. Si je me sens investie d’une mission ? Celle de vivre une vie de sens, d’écrire des textes qui sauront traverser le temps. J’ai la folle envie que les gens se sentent moins seuls en me lisant. Et surtout de crier sur tous les toits que la vie est belle.

BNM : Quelles sont les raisons qui ont motivé ce choix de partager des publications très personnelles ? Quel a été le déclic ?

E.C : Mmh, je suis très scolaire, enfin j’ai été une bonne élève et j’aime procéder de manière réfléchie. Je voulais parler de sujet que je maîtrise. Et quoi de mieux que mon expérience personnelle ? Quand je parle de mon expérience, il n’y a pas de place pour le débat. Je ne fais qu’exposer des faits sous mon points de vue. Le déclic ? L’envie de guérir mes traumatismes d’enfance. Puisque mon écriture engagée, elle est pleine de sens, en tout cas, pour moi. Je pense à chaque mot et je m’exprime avec intention.

BNM : A priori, vous insistez sur des valeurs comme la persévérance, l’optimisme et la bienveillance dans vos publications. Est – il facile de véhiculer ce genre de message au sein d’une société malgache très encline aux préjugés et aux stéréotypes ?

E.C : Je souris en lisant cette question… Je pense que la société Malgache est tout simplement en pleine quête d’identité. C’est une société qui veut oser mais qui a peur des autres mais quand on y réfléchit, les autres aussi pensent la même chose. Donc à la fin c’est un serpent qui se mord la queue. Je n’ai rien inventé de ce que je partage, je veux dire par là que ce sont nos valeurs Malgaches même que je mets en relief : le fihavanana, fahendrena, fifankatiavana… C’est ça que j’essaie de transmettre dans mes textes. Ma mère disait souvent :”Ny zanaka mahay, hendry” ou l’enfant intelligent est sage. Je crois en l’idée véhiculée par la sagesse Malgache. Non ce n’est pas facile, mais ce n’est pas non plus impossible. La preuve, j’ai une petite communauté qui, j’ose espérer, partage les mêmes valeurs que moi.

BNM : Comment êtes – vous perçue en tant que Malgache en Moldavie ? Aviez – vous eu des difficultés à s’intégrer ?

E.C : Je dis souvent, et je le répète que mon intégration a été un travail d’équipe. 50% viennent de moi et le reste vient des Moldaves. Aujourd’hui on m’appelle “Moldoveanca din Madagascar “ ou la Moldave de Madagascar. Ça en dit long. Je suis entièrement intégrée, mais surtout impliquée dans la société Moldave.

BNM : Quelle opinion les Moldaves ont – il de Madagascar ?

E.C : Je ne sais pas ce qu’ils pensent de Madagascar, mais de moi je sais qu’ils me trouvent solaire et respectueuse. Et j’aime à penser qu’ils pensent la même chose de Madagascar. Ça sonne prétentieux peut-être mais je veux vraiment être l’exemple du Soatoavina Malagasy.

BNM : Selon vous, qu’est – qui distingue la Grande île d’un pays comme la Moldavie ? Eprouvez – vous une certaine nostalgie ?

E.C : La philosophie du moramora et surtout l’art de savoir accepter ce qui est. C’est ça qui nous différencie, nous les Malgaches, des Moldaves. Mais sinon nous avons plus de similitudes que de différences.

BNM : Dans vos publications, vous partagez vos écrits et n’hésitez par confier vos désirs de devenir écrivaine. Y a – t – il des sujets qui vous tiennent à cœur ?

E.C : Comme j’écris de plus en plus, je me sens déjà écrivaine. Je suis portée sur l’éducation, la santé mentale et le développement personnel. Et surtout la thérapie par l’écriture.

9 – Par expérience, est – ce que vous auriez des conseils à partager afin de faire « bon usage » des réseaux sociaux ?

E.C : Be you, do you. Ne vis pas dans le regard des autres, existe déjà par toi-même.

BNM : Votre parcours inspire autant les plus jeunes que les plus âgés, quel message souhaiteriez – vous livrer à l’attention de vos milliers de « followers » ?

E.C : La vie est belle, oui il y a le soleil, le vent, la pluie… Mais c’est ce qui fait sa beauté. Et surtout n’oubliez pas TOUT passe.

Merci pour vos confidences !

Au plaisir