Elsie Black : L’américaine qui parle malgache depuis plus de 12 ans

Elsie s'exprime avec facilité dans la langue malgache

Elle est américaine mais elle parle couramment le malgache. Elle a même décidé de s’installer à Madagascar. Elle, c’est Elsie Black. Son premier contact avec Madagascar remonte en 2011 en tant que volontaire du « Peace Corps ». A cette époque, elle a effectué une mission de deux ans jusqu’en 2013 avant de renouveler pour une année supplémentaire jusqu’en 2014. Elle parle donc la langue malgache depuis plus d’une douzaine d’années.

Très à l’aise avec la langue locale dans un vocabulaire presque parfait, Elsie ne cache pas son profond attachement pour la Grande île. Elle s’exprime avec un léger accent de l’Est car s’est particulièrement familiarisée avec le dialecte Betsimisaraka. Basée à Andasibe, Moramanga lors de sa première mission, elle a travaillé de près avec une association dénommée Mitsinjo dans la gestion de la forêt d’Andasibe.

Une aventure enrichissante

En racontant son expérience en tant que volontaire, Elsie est à la fois ravie et nostalgique. « Nous vivions dans un petit village composé de 6 maisons sans eau ni électricité. La vie était simple. J’ai appris à parler malgache en s’invitant dans les foyers. Les gens nous apprennent beaucoup de choses surtout les us et coutumes. (…) », confie – t – elle. Elsie apprécie particulièrement la compagnie des habitants dans les campagnes. « On me demande souvent si je n’avais pas peur d’habiter seule. Non, je n’avais pas eu peur car dans les campagnes, les gens nous protègent. Ils nous accueillent dans leur maison et nous apprennent comment piler le riz, par exemple », explique – t – elle le sourire aux lèvres.

Elle ne manque pas de relever avec amusement certaines différences entre la culture malgache et celle américaine. « J’ai appris à me familiariser avec les habitudes des Malgaches. Aux Etats – Unis, quand c’est l’heure, c’est l’heure. Mais, ici, quand un évènement commence à 9 heures, il arrive que le discours des officiels ne commence réellement qu’à 11 heures », évoque – t – elle.

Proximité avec le monde rural

Elsie a notamment contribué à la mise en place d’un programme d’éducation environnementale qui a été appliqué dans plusieurs écoles. Elle s’occupait également de la recherche et la mise en lien de techniciens qui peuvent fournir des encadrements techniques aux agriculteurs. Après Andasibe, Elsie a poursuivi sa mission à Fénérive – Est. « Madagascar est un pays merveilleux et accueillant. J’ai particulièrement apprécié l’échange d’expériences et de pratiques culturelles avec les malgaches », déclare – t – elle encore.

En 2015, Elsie est rentrée aux Etats – Unis mais a gardé le contact avec ses amis malgaches. « Des fois, certaines de mes connaissances continuent de m’appeler, c’est pour cette raison que je suis revenue sans hésitation en 2022. La qualité et la facilité de mes échanges avec les Malgaches m’ont convaincu de rester ici », argumente – t -elle. Aujourd’hui, elle habite à Toamasina et travaille au sein d’une société pour la collecte de produits locaux ainsi que leur exportation vers les Etats – Unis.

1600 volontaires depuis 30 ans

Le Peace Corps fête ses 30 ans de service dans la Grande île

Crée en 1961 par le Président américain, John Fitzgerald Kennedy, le « Peace Corps » est une agence indépendante du gouvernement américain qui met en avant les valeurs comme la paix et l’amitié dans le monde. Le « Peace Corps » arrive à Madagascar en 1993 et célèbre aujourd’hui ses 30 années de service dans le pays. Les volontaires travaillent dans le domaine de l’éducation, l’agriculture, la santé, entre autres. Depuis sa création, 1600 bénévoles sont venus à Madagascar, sur les 240 000 répartis dans le monde. La durée de mission d’un volontaire s’étend sur deux ans, renouvelable un an. Avant de rejoindre leur lieu de mission dans les quatre coins de la Grande île, les bénévoles suivent une formation à Mantasoa et doivent obligatoirement apprendre la langue malgache.