Photographes et conducteurs de taxi-moto : Un double métier qui cartonne dans le centre-ville d’Antananarivo

Des photographes et conducteurs de taxi-moto devant l'arcade Analakely

Deux métiers en un. Depuis ces dernières années, un nouveau phénomène a fait son apparition dans le centre – ville d’Antananarivo. A chaque coin de rues, on ne manque pas d’observer un groupe d’hommes avec des appareils photos accrochés à leur cou et faisant les cent – pas à la recherche de clients. Pas très loin de ces groupes sont stationnés des scooters appartenant également à ces photographes ambulants. En effet, il s’agit bien de photographes qui font de la prise de photos leur gagne – pain. En revanche, avec l’avancée des nouvelles technologies qui a complètement bouleversé le monde de la photographie, ils ont choisi de cumuler une autre activité comme source de revenus : celle de conducteur de taxi – moto.

 Tsiorintsoa Ramaroson fait partie de ces photographes qui exercent également en tant que conducteurs de taxi-moto. « Je suis photographe depuis 2011. (…) Avant la pandémie de la COVID19, j’arrivais parfaitement à subvenir aux besoins de ma famille en prenant des photos. Mais après cette épidémie, le pays a fait face à une crise qui a eu des répercussions dans différents secteurs, y compris le métier de photographe. A cela s’ajoute les nouvelles technologies qui font sérieusement de l’ombre à la profession. J’étais donc obligé de trouver un autre moyen pour arrondir mes fins de mois », témoigne – t – il. Selon ses estimations, ils sont des centaines voire des milliers à exercer ce double – métier. Malgré les risques, notamment celles liés à l’insécurité pour les taxi-motos, nombreux sont les nouveaux venus qui grossissent leurs rangs.

A l’affût des clients potentiels!

Un secteur à formaliser

Marié et père de trois petits garçons, Tsiorintsoa est passionné de photographie depuis toujours avant de décider d’en faire son métier. Au cours de notre interview pourtant, il souhaite rester discret. Pour cause, il travaille encore dans l’informel comme la plupart de ses collègues. Il est conscient que le métier de photographe n’est plus celui d’antan. « Avant, j’arrivais à vendre des fichiers numériques à de nombreux clients mais aujourd’hui ce n’est plus le cas, pour diverses raisons, notamment la hausse de photographes qui trouvent des clients sur les réseaux sociaux ».

Sur le long terme, il prévoit ainsi d’acquérir un numéro d’identification fiscal (NIF) et une carte statistique afin de pouvoir signer des contrats avec des grandes entreprises. Une manière d’être plus « professionnel » selon ses termes. Il se dit aussi prêt à intégrer le secteur formel soit en tant que photographe soit en tant que conducteur de taxi – moto, mais manque encore de moyens, selon ses dires.

Pour le moment, il entend cumuler ces deux métiers pour pouvoir joindre les deux bouts. En guise d’innovation, il propose des photos instantanées pendant les évènements auxquels les clients font appel à ses services de photographe. « Cette nouvelle offre permet de faire des bénéfices car les clients obtiennent les clichés sur le champ. Je vends également des fichiers électroniques », confie notre interlocuteur. Tsiorintsoa lance un appel aux autorités étatiques afin de résoudre le problème lié au chômage qui frappe une grande majorité de jeunes. Un fléau qui pousse ces derniers à se ruer vers des activités similaires, et de surcroit, dans le secteur informel.